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La tomate

Du nom scientifique lycopersicum esculentume, la tomate est une plante herbacée. Tout comme le tabac, l’aubergine, la belladonne, le piment et la pomme de terre, elle appartient à la famille des solanacées.

Valeur nutritive :

Composée de 93 % d’eau et très peu calorique, elle apporte vitamine A et C.

Une tomate de 100 g contient :

  • Eau : 93 g

  • Protéines : 1,1 g

  • Cellulose : 0,5 g

  • Cendre 0,5 g

  • Matière grasse : 0,2 g

  • Potassium : 244 mg

  • Phosphore : 27 mg

  • Magnésium : 14 mg

  • Calcium : 13 mg

  • Sodium : 3 mg

  • Niacine : 0,7 mg

  • Fer : 0,5 mg

  • Thiamine : 0,06 mg

  • Riboflavine : 0,04 mg

  • Vitamine A : 900 u.i.

Origine :

Amérique tropicale, Pérou en particulier.

 

Etymologie :

 

Le mot "Tomate" est une déformation du mot inca Tomalt; les Incas ont étendu leur domination sur les plateaux andins du XIIe au XVIe siècle et ont donné ce nom à ce fruit; c'est du Pérou que la tomate est partie en Europe où a eu lieu sa transformation étymologique
Nous retrouvons au Mexique le terme Jitomalt en Nahualt

Lycopersicum signifie en latin "Pêche de loup", appellation peu alléchante à laquelle on a ajouté au XVIIIe siècle l'adjectif esculentum à cause des propriétés gustatives de ce légume-fruit jusqu'alors trop souvent malmené par l'opinion.

Découverte par les conquérants espagnols en Amérique du Sud au XVIe siècle alors qu'ils pensaient avoir trouvé la route des Indes, la tomate était cultivée par les Incas de la région andine et n'était alors pas plus grosse que notre tomate-cerise.

 

Elle fit sa première apparition en Europe dans les jardins sévillans de quelques monastères qui se spécialisaient à cultiver des curiosités du Nouveau Monde et d'ailleurs. Les Maures ayant envahi l'Espagne furent envoûtés par ce légume en forme de cœur qui chantait l'amour et l'embarquèrent dans leurs bagages pour la conquête de tout le bassin méditerranéen. Séduisante, ensorceleuse, la tomate modifie radicalement la cuisine du soleil et monte même à l'assaut de Paris en même temps que les citoyens de la Révolution.

Les Incas ne se doutaient pas que leur Mala Peruviana - pomme du Pérou - ferait l'objet de tant de débats.

 

En effet, la tomate a été longtemps considérée comme un aphrodisiaque. La première mention remonte à 1544 par l'herboriste italien Pierandrea Matthioli qui la surnomme "pomi'doro" ou pomme d'or qu'il classe avec la mandragore. Il n'en faut pas davantage pour que la tomate se range du côté des stimulants sexuels et acquiert le doux nom de "pomme d'amour".

Quelques années plus tard, John Gérard, physicien anglais et herbaliste reconnu, écrit dans un mémoire que la tomate est toxique et qu'elle ne doit être consommée sous aucune forme tout en sachant qu'on commençait à l'utiliser en Espagne et en Italie. Il stipule même qu'en pharmacopée elle pourrait soigner la goutte et les ulcères mais que d'autres plantes ont des vertus similaires reconnues et que son incidence sur la santé ne vaut pas le risque. À cause de son refus catégorique de classer la tomate comme aliment, la tomate s'étiole comme plante ornementale dans les jardins anglais et ce n'est qu'en 1728 qu'on commence doucement à en mettre quelques quartiers dans la soupe.

 

En Amérique du Nord, la tomate avait ses adeptes, ses suspicieux et ses conditionnels. Trop belle et trop tentante, les puritains la considéraient comme un péché au même titre que la danse, la boisson et les cartes. Les scientifiques prétendaient que ses liens de parenté avec la foudroyante mandragore, la mystérieuse belladone, toutes issues de la famille des solanacées, pouvaient avoir laissé des traces… et détruire l'homme petit à petit. N'avait-elle pas été baptisée Mala Insana par le botaniste italien Pierandrea Mattioli! Quant aux sorcières et alchimistes, la senteur de soufre dégagée par ses consœurs et sa rougeur prononcée leur faisaient pressentir une alliance infernale et la tomate trônait dans leurs marmites fumantes plus souvent que dans le chaudron de la cuisinière.

 

En 1800, les habitants de la Caroline du Sud commencent à exporter des graines et des recettes dans les états périphériques. En 1806, l'American Gardener's Calendar affirme que la tomate rehausse le goût des sauces et des potages. Trois ans plus tard, Thomas Jefferson se porte à la défense de ce fruit tentateur. Il en cultive dans son jardin de Monticello et quiconque vient à passer chez lui se trouve invité à dîner et les plats sont égayées de taches rouges au goût subtil à la stupéfaction des convives.

 

Le temps passe mais la tomate a beau se parer de robe écarlate, rouge, jaune ou verte, de vieilles superstitions traînent encore dans la plupart des cuisines. Si les Créoles de la Nouvelle-Orléans lui ouvrent leurs portes en 1812, manger un kilo de tomates s'avérait, en ce 26 septembre 1820, un exploit que les médecins américains du Massachusetts jugeaient funestes. Robert Gibbon Johnson, colonel quadragénaire et figure honorable de la ville de Salem, va tenter, devant 2000 personnes rassemblées devant le palais de justice, d'ingurgiter un kilo de tomates pour prouver, en ce jour du bel été indien, que ce légume-fruit rubicond et rouge à souhait pousse dans la nature pour le plaisir de l'œil, du goûter et de la santé. Le public est fébrile. Nul avant lui n'avait osé démontrer, en pratique, un tel raisonnement. Tel un comédien s'avançant sur la scène avec son panier à la main, Johnson, avec lenteur et satisfaction, les déguste une à une. Marque-t-il un air de déception en tendant la main vers la dernière tomate, comme quoi il aurait pu en manger davantage, les annales ne le disent pas. Mais un fait est certain: il se retira heureux et gavé et mourut …quarante ans plus tard!

 

Mais la grande révolution américaine de la tomate prend racine dans un article du Dr John Bennet en 1834 qui vante ses vertus de façon telle que le New York Times évalue une montée spectaculaire de ce plant en culture. On ne parle plus que de tomate. L'offensive médiatique fait tomber les dernières barrières et les éditeurs se lancent dans la publication de livres de recettes, de périodiques horticoles, de chroniques médicales. On lance même sur le marché en 1837 des "tomato pills". On assiste à des cures miracles. On rapporte que la tomate a guéri des toux chroniques jusqu'à éloigner la menace du choléra. Sans le savoir, les Américains avaient découvert une autre source de vitamines.

 

Mais on ne connaissait pas encore la salade de tomates, le sandwich, le coulis, etc. Jusque dans les années 30, soit du temps de nos grands-mères, on prétendait encore que manger une tomate crue était suicidaire et qu'il fallait au moins trois heures de cuisson pour faire disparaître les vieilles peurs. Heureusement pour nous, la tomate fait maintenant partie de notre quotidien et mordre dans une tomate bien juteuse et fraîchement cassée au parfum de terre et de soleil fait partie des plaisirs de l'été.

 

Nombreux sont ceux qui se demandent, et à juste raison, si la tomate est un fruit ou un légume. Réglons la question une fois pour toute: La tomate est un fruit. Il faut attendre un jugement de la Cour Suprême en 1893 pour reclassifier la tomate dans les légumes mais, botaniquement, la tomate demeure et demeurera un fruit … que l'on savoure en légume!

Il y a plus de 186 variétés de tomates, alors bon marché !

La tomate